La tempête dirige un navire stagnant vers la bonne direction…
J’ai enfin eu le courage de m’absoudre du joug aliénant de mes études en assurances. Dame! Je me demande encore par quel obscur maléfice on a pu me persuader à emprunter une voie si peu conforme à mes intérêts et à mes valeurs…Comme je suis un homme sans Vocation, mais bourré de vocations, je me suis sûrement dit que ça ne pouvait être pire qu’autre chose…sans oublier les avantages pécuniers ainsi que les quatre mois de vacance par an qui n’étaient pas à négliger…Pfff…je suis pourtant bien placé pour savoir qu’on n’a pas besoin d’argent pour voyager…
Alors, ceci étant fait, je me trouve enfin libre de retourner à mes passions…Ouah…’savez ce qu’on dit sur le vélo? Eh bien force m’est de croire que ça ne s’applique pas à l’écriture…Il m’est pénible d’organiser sur papier mes idées les plus simples sans tout hachurer, rogner, tronquer…ça reviendra, hein…HEIN? Sinon, de façon beaucoup plus significative et magistrale, l’animisme revient en force dans mon existance puisque, sur un coup de tête, j’ai décidé de racheter «Ishmael» de Daniel Quinn hier. Si ma mémoire est bonne, c’est la troisième fois que je l’achète. Lorsque je le prête, il ne revient jamais. La dernière fois que j’ai entendu parlé de ma seconde copie, elle était dans les mains d’une fille que je ne connais pas après avoir été lue par une bonne dizaine de personne. À ce qu’en disent les rumeurs, il est dans un état déplorable et ça me plaît énormément…j’espère seulement qu’il est encore utilisable ET utilisé. J’ai terriblement envie de vous expliquer de quoi il s’agit précisément, de me lancer dans de longues démonstrations des vues exprimées par l’auteur, mais j’ose croire que ce serait vain. Attention! N’allez pas croire qu’il s’agit d’un gourou bâtard qui vous enfonce des aberrations mystico-nouvelâgeuses habilement dissimulées sous les humbles haillons de la Vérité! N’empêche qu’il est difficile de ne pas être catalogué ainsi lorsqu’on évoque un thème aussi révolutionnaire, bien qu’aucunement nouveau : sa philosophie n’est pas sans rappeler Claude Lévi-Strauss qui suppose qu’un être déraciné de son environnement et de son comportement naturel développe des pathologies, Rousseau sur la compétition ou encore David Suzuki, entre autre. Ah pis au yable…je vais faire mon possible…je tiens toutefois à spécifier que je ne compte convaincre personne, simplement d’illustrer les grandes lignes. Si ça vous botte et que vous habitez près de Montréal, lâchez-moi un wack, je suis bien prêt à le prêter…encore…
Donc…je débuterais par une simple phrase : L’être humain est-il fondamentalement bon ou mauvais? Ni l’un, ni l’autre : je crois simplement qu’il est fondamentalement vivant, avec tout ce que ça implique. Pendant environ trois millions d’années, l’homo sapiens sapiens et ses ancêtres ont vécu de façon tribale, animiste (parfois shamaniste, mais c’est presque idem), en harmonie avec leur Univers (par là je ne veux pas supposer qu’ils étaient de pacifistes nobles sauvages, mais simplement que leur mode de vie fonctionnait. Nombreux sont leurs actes qui peuvent nous sembler désormais répréhensibles, mais à coup d’essai et erreur pendant des milliers d’années, ces différents peuples ont trouvé une façon de vivre qui leur est propre et qui fonctionne). Quinn les appelle «Leavers» ou «Laisseurs» alors qu’il appelle les membres notre culture (inclure ici tous les peuples dits «civilisés») des «Takers» ou «Preneurs». Cette dernière culture (la civilisation, qui est née il y a seulement environ 10 000 ans), s’étend jusqu’aux confins du globe et peut être (est, selon lui) arrivée par accident, non pas par un droit inné aux hommes de dominer toute créature parce qu’ils sont don’ fins et don’ meilleurs.
Je ne suis pas de ceux qui méprisent leur propre espèce. Je suis convaincu que l’être humain a un rôle magnifique à jouer dans cette douce valse qu’est l’Univers, mais j’aborre plus que tout l’antropocentrisme. Ah…mais je sais bien que je suis une drôle de bête côté socio et politique…je vous en retchatche.
À toute!