Vachement désolé pour votre décès…ça fera trente euros, s’il vous plaît.

Oui! Oui, j’ai lu «Les Thanatonautes» de Bernard Werber virgule-je bâtard! En général, je me tiens loin des bouquins que l’on me pousse à lire avec trop de véhémence, spécialement lorsqu’il s’agit d’un best-seller diffusé dans une centaine de pays et traduit en autant de langues vivantes comme mortes (oui, la bible entre dans cette catégorie). Appelez ça du snobisme, je m’en moque! Je suis telllllement au dessus de ça…Ha ha ha! Je déconne, allons! Cependant, lorsque la lectrice qui me l’offre a les plus beaux yeux du monde et qu’elle partage pratiquement tous mes intérêts, qui suis-je pour refuser? Ô comme je suis maléable dans de telles circonstances…

Donc, je débutai la lecture avec entrain, bien qu’avec une touche de scepticisme, allez savoir pourquoi. N’empêche que mes réticences se noyèrent rapidement dans l’ingéniosité des premières pages. Je fus agréablement surpris d’apprécier son style épuré et sans prétention qui laisse toute la place aux idées. Ça me changeait de Louis-Ferdinand Céline qui sait me captiver avec la description de l’éminente laideur d’un cujatte Teuton pendant des dizaines de pages…Dans les Thanatonautes, le propos semblait être constament en avant-plan, assaisonné de mythes funestes souvent pertinents. Je me frayais donc un chemin au travers cette histoire divertissante avec joie jusqu’à un moment crucial…

* Pour les dix-sept humains qui ne l’ont pas encore lu, je m’apprète à jaser de LA FIN! Oui, oui, de la FIN DU LIVRE, ’savez, c’est ce passage dont la connaissance de sa nature SCRAP la lecture ENTIÈRE. Je vous aurez prévenu… *

Alors, où en étais-je? Ah! Ce moment crucial où on y découvre le Paradis. Mettons nous d’accord tout de suite : il est futile de me rappeler qu’il s’agit d’une oeuvre de fiction…je suis au courrant…seulement, l’éditeur a pris soin de spécifier qu’on a affaire à un roman philosophique, raison pour laquelle je ne m’abstiens pas de commentaires ce qui, en mon sens, prouve la valeur de l’ouvrage. Je veux dire…avez vous déjà eu connaissance qu’un physicien ait déjà émis une critique objective de Goldorak ou de Bibi et Geneviève? On critique ce qui en vaut la peine. Et puis je ne suis même pas philosophe alors que foutre?

Ok…ok…j’en viens aux faits. Bonshommes franchissent les portes du Paradis (où Werber fait couler un fleuve de miel par souci de saveur) et y découvrent, comble de surprise, que nous sommes jugés après notre mort! Ach! Nein! Fuck! Point satisfait, Berny en rajoute en échaffaudant un tribunal céleste présidé par une panoplie «d’anges» qui y «travaillent» en y évaluant les existances selon un barême précis de points positifs et négatifs…Que l’on m’accorde une hypothèse : Se pourrait-il que les Français soient à ce point terrorisés par leur système scolaire et pénal au point qu’ils voient ces institutions les poursuivre même après leur vie? Depuis Spinoza, je crois que nous avons bien peu d’excuses d’utiliser nos expériences personnelles pour justifier des «faits», certes, mais mon nouvel emploi m’ayant permis de côtoyer bon nombre d’Hexagonaux, je remarquai que presque tous furent unanimes : sans «masters», point de salut! Seules quelques âmes aventurières admettaient qu’une autre voie était possible…Mein Leiben…Des notes! Au Paradis!

Ajustons un brin notre focus, voulez-vous, et transportons nous plutôt vers le concept même du jugement de l’âme puisqu’après tout, l’auteur a bien pu utiliser cette image de tribunal mystico-Sorbonnal uniquement pour rendre sa vision plus accessible et amusante (ce qu’il réussit à merveille, à mon humble avis). Alors, une fois catapulté outre-Styx, une ou plusieurs Über-entités seraient en mesure de juger nos actes…J’en suis fort aise, mais sur quel barême, sur quelle charte ou code se basent-ils? Existerait-il une branche du droit international nommé, sans fioriture, «Droit Divin»? Parce que si c’est le cas, je serais bien gré d’en faire l’étude, histoire d’aller en appel si la décision des «plusses hauts» ne me plaît pas…Contrairement à ce qu’un nombre croissant de gens semblent croire, la notion de bien et de mal change DRASTIQUEMENT d’une religion à l’autre, d’une schisme à l’autre, d’un Blainville à l’autre. Ce qui peut sembler bien pour un membre d’une obscure tribu indonésienne (appelons le Sylvain) du 7e siècle avant notre ère (i.e. dévorer ses semblables) ne l’est certainement pas ni pour moi, ni pour les Témoins de Jéhovas, ni pour Denis roi de L’Anse St-Jean. Qui pourrait bien qualifier les habitudes alimentaires de Sylvain d’immoral quand celle-ci n’est non seulement tolérée, mais encouragée par ses pairs depuis l’aube des âges? Y’aurait-il du racisme dans l’au-delà? Pour admettre un jugement céleste, on doit forcément admettre aussi qu’une religion a parfaitement raison ou du moins que quelques unes ont partiellement tort…Allons donc! Les valeurs sont des instruments (absolument nécessaires, en mon sens) de cohésion sociale, pas de salut! Présumons un seul instant que nos actions ne sont ni bonnes, ni mauvaises et qu’ainsi nous n’avons à être absouds d’aucun péché, d’aucune viscitude devant l’Univers, mais uniquement devant nos semblables…nous pourrons enfin vivre libres!

De quoi je parlais déjà? Ah oui! Les Thanatonautes! Ostie de bon livre, mais crisse que la fin me gosse!

Publié dans: on Vendredi 11 janvier 2008 at 7:50
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  1. On Dimanche 20 janvier 2008 at 9:57 Accent Grave Said:

    Très heureux d’avoir visité votre blogue. J’y reviendrai. Notez que je n’ai pas lu votre billet en entier car je fais partie de ces dix-sept humains n’ayant pas encore lu ce livre et dans mon entourage, il y a aussi quelqu’un qui insiste pour que je le lise. Le gars ne pourra me charmer de son regard, mais tout de même, un jour je le lirai.

    Accent Grave

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