Dharmalade


Ablation spontanée!
Lundi 18 août 2008, 3:56
Classé dans : Auberge | Mots-clefs: , , , , , , , , , ,

Ah…ce qu’il fait bon se prélasser les lundis matins…Je crois fermement être en avance sur l’Europe : la semaine de quatre jours, c’est si passé. Vive la semaine de trois jours! Ouais, surtout lorsqu’elle se termine de façon, ma foi…si héroïque! Un pauvre vieillard me surchargeant de remerciements extravagants pour une tâche que j’ai plus ou moins accomplie. Je vous explique :

L'inimitable...

L'inimitable...

Le type (appellons le Monsieur I.), séjourne à l’auberge depuis presque deux semaines déjà (au grand dam de ma supérieure de deux échelons, alias Mademoiselle la Directrice). Il a tôt fait de nous entretenir sur le noble motif qui le poussait à visiter Mourial, en l’occurence, amasser des fonds pour un organisme venant en aide aux vétérans. Tout cela est bien merveilleux et louable, or le pauvre petit monsieur se met vitement à raconter des sornettes un peu trop nettes…Sa favorite est que Céline Dion (Dieu nous en protège) est passablement chummy avec lui, au point qu’elle allait donner un spectacle dans le lobby imminemment. Bah…la première fois qu’on entend un truc de la sorte, ça peut passer pour une blague, on s’en tire bien et ça PEUT finir là! Malheureusement, il récidive encore et encore avec cette même histoire (assez épouvantable en soit, d’ailleurs) jusqu’à se que l’on s’en lasse. Voici comment Monsieur I. fut rapidement étiqueté mythomane par la force des choses.

Ce n'était pas nécessaire...Oui, je suis au courant...

Ce n'était pas nécessaire...Je sais, je sais...

Ainsi, lors d’une nuit morne qui envançait jusqu’ici sans heurt, Monsieur I., expert dans l’art de causer des malaises, semble s’être fait prendre à son propre jeu. Vers 4h45, il me marmone un truc concernant un mal de ventre. Je lui réponds sans lever les yeux de mes rapports que je ne peux lui fourguer de pilules, mais ce n’était pas sa question, il voulait plutôt connaître le numéro d’info-santé. Après avoir parlé pendant à peine une minute avec l’infirmière, il se retourne viviement vers moi et me demande un très gros bol…vite! Fuck! Tout ce que je trouve est minuscule, donc futile pour restituer. Spontané comme un samurai, Mr. I. n’est pas pris au dépourvu : il empoigne la poubelle de la réception, éjecte son convercle et se mets à y dé-déjeuner en émettant des sons inhumains. Je vous assure que jamais je n’aurais pu croire que cet homme pouvait crier de façon aussi aigüe…un peu comme un hurlement de canin blessé…ou est-ce encore celui d’une loutre marine? Peu importe, alors qu’il gerbait sans trève, je pris le combiné et donnai les infos du digne ami de Céline à l’infirmière au bout du fil qui semblait trouver le tout très, très drôle (ouais, ça parait que c’est pas toi qui a la face à un mètre d’un pâté sauce à la bile!). Une fois l’appel terminé, le malade appela lui même l’ambulance vu qu’en plus il avait bien mal au torse. Il s’est excusé puis m’a remercié abondamment avant de monter dans l’ambulance.

Il demeura à l’hopital pendant quelques jours. Je demandai de ses nouvelles sporadiquement et l’on m’apprit qu’il avait téléphoné pour dire qu’il allait bien, qu’il m’était éternellement reconnaissant (allez savoir pourquoi)…et qu’il devait se faire opérer. Au mot «opérer», je fus un peu dégouté de mon stoïcisme intransigeant, mais au fond, comment pouvais-je deviner qu’il ne mentait pas avant qu’il fasse fonctionner son système digestif à sens inverse?

Le lendemain de son départ, j’eus un peu la frousse…Voici le message que j’envoyai à mes estimés collègues ce matin là :

«Vésicules biliaires en fusion
Je commence à croire que (Mr. I.) à trainé autre chose que Céline Dion dans sa valise…Une pandémie, par exemple. Deux nuits, deux patchs de vomi : cette fois, un bougre ou une bougresse a fait vidange dans la toilette à côté du bureau d’über-boss puis à crut bon de saucer un sous-bois de papier brun dans son souper presque digéré. J’ai laissé la scène intacte, pas par paresse, là, mais plus par peur qu’il y ait un cimetière indien en dessous de tout ça…Une malédiction est si vite arrivée. »

Il n’y eu heureusement pas de pandémie et quelqu’un d’autre ramassa le dégât. Je suis vraiment une loque cheap.

* * *

Voilà comment cette épopée se termine : Mr. I. revient de l’hopital, il semble vouloir rester jusqu’à la fin des temps à l’auberge et m’a flanqué des bordées de «Merci» en pleine tronche avant que je lève les voiles à bord de Vagabond (’souvenez, mon trois vitesses brun?) pour un délectable cinq jours et quatre nuits de congé. Bon, je cré bien que je vais aller me chercher une autre bière, là.


Un commentaire jusqu'à présent
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Pouahahahahahaha… j’lai rie la shot de céline dion. C’est la petite taupe à lunette?

Commentaire par cindy




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