Dharmalade


AngryJob, première partie.
Jeudi 21 août 2008, 7:25
Classé dans : Emplois douteux | Mots-clefs: , , , , , , , , ,

Oi! Oi! Ouf…Quelle farniente épouvantable! Mon congé se résume à revoir tous les films de Bill Murray et à relire toute la saga des Beauchemin de VLB (Bibi Gomm, t’es le meilleur, même si t’es le plus malheureux), souvent en vidant des sacs de chips à saveur de régulier. Cet immobilisme serait beaucoup plus facile à tolérer si la batch d’indiennes que je viens de recevoir n’étais pas si mauvaise…Je sais, j’ai juste à pas fumer, hein? Alors, comme je n’ai rien à raconter de bien fameux, je vous offre des restants bien enveloppés dans du saran wrap : le premier volet de mon épopée d’une journée chez Agri (Angry)-Job.

Je me suis finalement extirpé hors de l’insondable abysse de la déprime pour ne pas rater mon autobus jaune, ce matin. Agri-job…chef-lieu de bon nombre d’abcès sociaux, de cancres racistes de sous-cale et autres ex-tôlards tiraillés par leurs spasmes de mâchoire…C’est trop beau pour être vrai! Je me suis donc levé à 4h du matin pour être au métro Longueuil à six pour que l’on me fax ensuite dans le bout de Saint-Cuthbert avant huit. Sommairement réveillé, je trouvais la brume d’avant l’aube absolument sublime sur De Lorimier, attendant la 10, gaillard et souriant devant cet imminent «petit-voyage». Je n’ai jamais vraiment aimé le jour, spécialement lorsque point dans le ciel cette grosse boule de gaz qui s’explose sans fin ni début ni but. Je me sens chez moi dans le silence du sommeil des autres.

La noirceur avait pourtant quitté le pays quand je sortis du métro Longueuil. Ne sachant trop où je devais aller, je suivis un long cortège de gens à la mine basse qui longeaient des parkings déserts à l’ombre du pont Jacques-Cartier, résignés à monter dans un des trois autobus scolaires solitaires postés à presque un kilomètre de là. Une fois rendu, un gars greillé d’un dossard orange de brigadier me beugla : «Tu t’en vas à’ ferme à Jasmin? La numeuro trois.» Comme il n’y avait encore personne à bord, je pus faire le coup du Greyhound, c’est à dire se ruer vers le dernier banc, s’y évacher mollement et faire semblant de dormir jusqu’à se que la machine démarre. Ça fonctionne presque à tous les coups, à condition d’être suffisamment sans-cœur pour faire fi des grognements et autres «calisse!» que vous refilent les martyrs privés de Sain-Siège. Je suis capable de l’être, sans cœur…à mes heures…J’eus donc la pas pire paix jusqu’au chemin de garnotte menant au trou boueux (inexactement nommé «champ») du dit monsieur Jasmin, si ce n’est des cahots redoutables que la suspension achevée faisait subir à ma colonne déjà peu droite.

J’avais encore, à ce moment là, un sourire niais harnaché au visage. J’étais prêts à accomplir n’importe quelle tâche ingrate…

Suite à venir lors d’une autre chaîne de nuits paresseuses…


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