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Il y a quelques soirs, alors que je dégrisais paisiblement sur mon futon, je me mis à jongler avec des nombres sans motif précis. Étant un cancre notoire dans pratiquement toutes les sphères des mathématiques, je me prêtai peut-être à l’exercice par défi personnel ou, plus vraisemblablement, par pur ennui. J’additionnais, soustrayais, préparais une batch de café, racine-carréisais, sacrais, divisais, multipliais…puis additionnais et puis…oh…stupéfaction soudaine et non-sollicitée ! Qu’est-ce donc que cette singulière manifestation dont l’épicentre est le chiffre neuf ? Lorsqu’on additionne les chiffres qui composent ses facteurs, on obtient immanquablement…9 ! 18, 27, 36, 45, 506563074…Peu importe la quantité de fois que l’on juge utile de conjurer sa présence, il se trouve toujours là, prévisible, redondant, n’existant hors de lui-même qu’artificiellement, mais qui devient familier, presque confortable…comme une incarnation numérique d’un personnage de Marcel Gamache. Ah…de grâce, que l’on ne me prenne pas pour un con : je ne croyais pas avoir fait une découverte ahurissante! Ce fait anodin a bien pu être originellement découvert par des proto-humains troglodytes en quête de proto-proies! Non, j’étais simplement heureux de voir que j’avais encore la capacité de m’émerveiller…
Classé dans : Totalement inutile | Mots-clefs: Amir Khadir, Chaussure, Lancer, Mercier, Soulier

Ça y est, je suis accro au lancer de chaussures. Contrairement à Laura Bush qui qualifie le geste d’agression, je dois dire que je le trouve, dans le pire des cas, espiègle, taquin, sinon bon-enfant. ‘’Hop! Mets-ça dans ta pipe, vilain croque-mitaine!’’ Il s’agit aussi d’un moyen accessible (donc forcément démocratique) de faire part de son mécontentement. Cependant, il est vrai que les dérapages sont à envisager devant l’ampleur que prend le phénomène et c’est pourquoi je propose que l’on s’impose certaines balises pour que l’activité demeure le sport candide qu’il est à l’état actuel. Par exemple, le poids socialement acceptable des dits souliers devrait être défini. Ainsi, puisqu’elles peuvent blesser plus que légèrement, je crois que les bottes sont à proscrire dans la majorité des cas, sauf bien sur si leur couleur est cocasse. Pour des raisons opposées, les pantoufles en phantex se prêtent mal à l’exercice dû à la faible vélocité qu’elles peuvent atteindre, faute d’être suffisamment lourdes. Il ne faut pas non plus oublier qu’elles peuvent contenir des charges d’électricité statique potentiellement mortelles pour la personne ciblée. Alors, pour une efficacité et un plaisir optimal, je plaide pour l’utilisation d’une chaussure légère, mais tout de même dotée d’une semelle (pour maximiser l’effet de rotation lors du lancer) et qui n’est pas trop dispendieuse, comme les imitations de Converse de Daoust ou encore, pour les traditionalistes, des babouches.
Blagues à part, je suis subjugué de savoir qu’un professeur de CÉGEP puisse demander une motion de blâme contre un député parce que ce dernier osa lancer une godasse sur une pancarte. Qu’ils vendent nos ressources à la criée aux corporations, pas de problème, mais s’ils font des pitreries dans une manifestation, alors là on a tout un scandale!

En réponse à l’indignation exagérée de cet enseignant de Sainte-Foy, voici une solution aussi exagérée pour ‘’punir’’ le geste d’Amir Khadir : tapissons Mercier d’un écriteau ‘’Danger! Souliers volants!’’
Classé dans : Totalement inutile | Mots-clefs: Courir, Fossé, Jutland, Montréal, Nuages, Nuit, Tour du monde
Vers 3h15 ce matin, l’humidité écœurante de la journée commençait lentement à se dissiper. Au dessus de moi, un amalgame de nuages ressemblait à une carte grossière du nord de l’Europe avec un Jutland démesuré. Les pays Baltes, quant à eux, avaient vraisemblablement été rasés par un caprice du vent. Des bruits de pas à peine perceptibles me ramenèrent sur terre, où je vis un jeune type courir à vive allure au milieu de la rue déserte, ni poursuivi, ni poursuivant. À peine quelques secondes plus tard, il s’est effondré sur le trottoir en voie de construction (bref, dans un fossé), marmonnant des phrases incohérentes à ses démons. Il s’affaira ensuite pendant un bon cinq minutes à escalader à quatre pattes la minuscule butte qui le gardait captif. ‘’Euh…je devrais tu aller l’aider? Hum…non.’’ Une fois libre, il se remit à courir frénétiquement en direction d’où il était venu. La nuit a dû être longue pour lui…Quand je relevai les yeux, les côtes éthérée de la mer du nord avaient disparues, laissant place à une vaste masse informe…l’Asie mineure, disons.